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Ni remplie ni affamée

vendredi 4 mars 2016

Si la nourriture était quelque chose dont je pouvais m’abstenir totalement, il n’y aurait tout compte fait rien à dire sur la façon de manger, quand manger, où manger ni sur le dilemme de manger ou non.

Les complexités d’associer corps et esprit varient probablement selon les perceptions individuelles mais honnêtement j’ai la conviction que pour l’outremangeur compulsif, ce n’est jamais chose simple !

Au cours des années écoulées, ‘avoir faim’ signifiait pour moi ‘ne pas avoir l’impression d’être remplie’ –ou exprimé de façon plus carrée— ‘n’avoir pas la sensation d’être complètement bourrée’.

Par conséquent, à chaque fois que je me sentais moins que remplie, je pensais que j’avais faim et je mangeais. Mais je peux n’être pas remplie et ne pas avoir faim en même temps. Ma capacité d’être vigilante à cette distinction, m’a amenée à redéfinir la faim et m’a réellement permis de grandir.

Dans la neutralité émotionnelle de l’abstinence, j’ai pu observer que le besoin irrésistible de nourriture me tombe dessus quand je suis contrariée ou en colère ou même encore après un repas nourrissant. Si j’examine mes sentiments au lieu de me diriger vers le frigidaire, je constate souvent que je suis irritée pour quelque chose qui se passe ou que je me tracasse pour quelque chose qui pourrait se passer. Grâce à cette prise de conscience, la sensation de faim me quitte habituellement.

Le fait de me souvenir du goût de certains aliments peut également déclencher en moi le faux signal que j’ai faim. Chaque fois j’ai cédé à la tentation et j’ai mangé cet aliment dont j’avais des souvenirs si doux ; cependant il ne me semblait alors pas aussi exquis que j’avais espéré. Aussi maintenant je garde en mémoire que les souvenirs sont mieux que la réalité et mon envie de manger s’atténue.

En m’aidant à faire la distinction entre la faim du moment et la fausse faim, OA m’a encouragée à rester en contact avec mes sentiments et à les traiter avec un certain recul. J’ai effacé de ma mémoire les bandes enregistreuses relatives à la nourriture. À présent je sais que, en tant qu’outremangeuse compulsive, mes idées de faim se trouvent dans ma tête et ce n’est bien sûr pas la nourriture qui va les apaiser.

J’ai la conviction qu’en me donnant ces nouvelles perspectives, c’est ma Puissance Supérieure qui enlève de moi la compulsion d’aller manger outre mesure.

[Lifeline, avril 1983]

Traduction libre : Anne P. Belgique

Lien SPIP de cet article : http://outremangeurs.fr/?article103

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