Accueil > Français > Lifeline > Comment j’ai arrêté de courir après le bonheur et j’ai choisi d’être heureuse (...)

Ma vie est à peu près la même aujourd’hui que lorsque je suis arrivée chez OA il y a plus de huit ans. Ce qui a changé, c’est mon attitude.

Quand je suis arrivée chez OA, je savais exactement ce que j’attendais de la vie. Je serais heureuse si je possédais certaines choses ou en tout cas c’est ce que je croyais.

Je perdais du poids et après je m’attaquais aux autres changements qui me rendraient heureuse.

Femme au foyer et mère de deux enfants en bas-âge, je pensais que je serais heureuse si je trouvais un emploi. J’ai donc téléphoné à la société qui m’avait employée précédemment et j’ai été engagée. Je réalisais donc une chose que j’appelais importante et accomplissante. Depuis le moment où –-à l’âge de dix-huit ans—j’avais raté l’examen pour le permis de conduire, j’étais convaincue que jamais je ne serais capable de conduire. Quelqu’un m’a encouragée à faire une nouvelle tentative et j’ai réussi et voilà que je conduis depuis plus de sept années maintenant.
La chose suivante sur ma liste : l’unif. J’ai réussi l’examen d’entrée, j’étais acceptée et je suis arrivée à décrocher quatre distinctions jusqu’à maintenant. J’ai aussi découvert que j’étais intelligente –pas stupide ni incapable, comme j’avais tort de croire.

Il ne restait plus qu’un seul problème à présent. Je faisais pour moi toutes ces merveilleuses choses mais je sentais énormément de pression. J’étais devenue aussi compulsive vis-à-vis de ces nouvelles acquisitions que je ne l’étais vis-à-vis de la nourriture.

Au début du mois de décembre, prise dans la ruée de Noël (en plus de mon job à temps plein, des examens et des papiers à régler, du service OA et de ma famille) j’ai dû courir pour ne pas rater le bus, je me suis étalée, visage contre terre. Il en a résulté un œil au beurre noir et d’autres contusions et j’ai réalisé que ma vie était encore toujours incontrôlable. Forcée de prendre quelques jours de congé, j’ai eu l’opportunité de me rendre compte qu’il fallait que j’y aille plus doucement.

J’ai décidé d’arrêter mes études pour une période de six mois si ça pouvait m’aider mais ma vie était toujours aussi mouvementée qu’il me restait peu de temps pour ma famille et mes responsabilités à la maison. J’ai commencé à me poser la question si c’était judicieux de continuer à travailler et j’ai lâché prise. Deux mois plus tard, une fusion de sociétés a fait que mon patron a dû déménager à l’autre bout du pays et cela a mis les choses à leur place.

Après le choc du début, je me suis rendu compte qu’il me fallait du temps libre pour jeter un regard sur ma vie et pour déterminer ce qui est réellement important. Tout le surplus d’argent que je gagnais et toutes ces activités ne me procuraient pas le bonheur que je recherchais. Le bonheur, je l’ai appris, vient de l’intérieur.

J’ignore où ma vie me mènera mais aujourd’hui je n’ai pas besoin de le savoir. J’ai totalement confiance en la promesse que Dieu fera pour moi ce que je n’ai jamais pu faire pour moi-même.

Qu’ai-je appris de mes huit années dans le programme ? Que l’argent, l’instruction et les accomplissements terrestres ne me rendront pas heureuse si je ne suis pas en bonne condition spirituelle. Ma détermination a changé. En me levant chaque matin, je demande d’être capable de voir ce que je pourrais faire pour cette journée seulement. Ensuite je mets toute mon énergie à faire l’important d’abord et puis les autres choses. Mes simples journées de travaux dans le ménage, le linge et la cuisine me procurent plus de joies que les journées passées à vivre ma vie à ma façon. J’essaie de ne plus jouer au Dieu. ‘’Humilité ‘‘, n’était pas mon mot favori et ne l’est toujours pas mais j’apprends que devenir humble ne signifie pas être servile.

Aujourd’hui je suis capable de voir que ma vie, imparfaite comme elle l’est toujours, est aussi OK. M’évertuer à vouloir être parfaite me rend malheureuse. Á présent j’accepte mes imperfections et j’apprécie les progrès que je fais. Mon rétablissement ne se passe pas aussi rapidement que je l’aurais cru mais je me rétablis du mieux que je peux.

Mon attitude a changé. J’ai découvert que le bonheur est une chose que je peux choisir et je choisis d’être heureuse.

Lifeline, octobre 1983
Traduction libre : Anne P. Belgique

Lien SPIP de cet article : http://outremangeurs.fr/?article120

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